L’objectif pour le spectacle est devenu de faire naître de la poésie dans le noir.
Que la poésie, en tant que dépassement de la réalité, devienne nécessaire.
Il fallait dresser le décor d’un lieu de perdition, de saleté, de tristesse.
J’ai demandé à Christina d’écrire un texte et une histoire.
Ça devait être pour deux personnages : un homme et une femme, un garçon et une fille ? – une comédienne et un comédien. Il fallait créer des personnages profondément dans la solitude et le rejet, apparemment très éloignés de ce qu’on appellerait poésie. Et, par la friction de ces deux univers, la faire surgir.
Ça devait être une nuit d’initiation. Une nuit au cours de laquelle ils vivent un passage, peut-être un voyage, sans doute une transformation. Et chacun initialement dans une forme d’immobilisme : matériel, physique, moral.
Alors il a fallu perdre deux êtres sur un trottoir de ville, peindre deux âmes errantes dans la nuit citadine.
Elle.
Et Lui.
Le premier texte est très complet. C’est une narration précise et descriptive.
L’enjeu du travail d’écriture a été de mettre des mots sur l’indicible, ou l’inexplicable – émotions, sentiments, pensées. Puis il y a l’enjeu théâtral : créer de la scène à partir de ces mots ; et ils auront été une passerelle, indispensable.
Nous avons travaillé à partir de ce texte, mais l’objectif n’était pas de le représenter.
Si la poésie transfigure la réalité, ici, c’est l’acte théâtral qui est fondamentalement poétique.
Le spectacle contient toujours de la parole, et, dans sa structure, avance progressivement vers une forme théâtrale sans paroles.
Là-bas