L’enjeu théâtral : créer de la scène.
C’est-à-dire : chercher.
Nous avons cherché – et nous cherchons ! – les langages qui sont propres à la scène. Un acte peut ne pas être aperçu dans la vie – un mouvement, un son, un regard, un silence… et nourrir tout un sens sur une scène, dessiner un décor, réinventer un monde. Surtout, il y a des possibilités d’expression que nous n’utilisons pas dans la vie. La plupart du temps, nous nous exprimons grâce à notre langue. Souvent grâce à notre regard.
La scène devient le lieu d’expérimentation du reste.
Nous avons commencé, avec les comédiens, par vivre et travailler ensemble une semaine entière. Nous n’avons pas répété.
En espagnol, la répétition s’appelle ensayo : l’essai, le test. L’espace/temps de travail est un laboratoire.
Nous nous sommes rencontrés, avons foulé le sol et partagé des expériences.
Je ne sais pas ce qu’il resterait à un comédien seul dans l’univers, outre son corps, et sa voix.
Ma proposition pour ce spectacle était que pour Elle, la comédienne aille puiser ses ressources expressives dans la voix ; pour Lui, le comédien dans le corps. Mais Judith n’est pas chanteuse, Eijiro n’est pas danseur.
Alors ? Nous cherchons, et nous voulons intégrer la recherche à la narration. L’histoire reste essentielle.
Sans doute, le spectacle est conçu pour expérimenter des modes de narration tout à fait formels et scéniques, et qui remplacent le texte, le mot psychologiques.
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